Durant l’année 2020, j’ai pas mal couvert le mouvement musical de la k-pop. Mais durant cette année, j’ai aussi découvert un groupe très éloigné de cela. Un groupe dont vous avez surement écouté une et une seule chanson alors que le groupe a eu une carrière 30 ans. Un groupe qui aura tout fait et qui a un nom qui n’a aucun sens. On va parler de Chumbawamba.
Un début à l’arrache

La création du groupe date 1982. A l’époque, Allan Wheeley , Danbert Nobacon, Midget et Tomi était 4 amis punk qui ne savaient jouer aucun instruments. Un jour, une personne nommé Simon Lanzer veut lancer un collectif musical dans le nord-est de l’Angleterre. Pour rigoler, le groupe de 4 s’inscrit avec le nom de « Chimp eats banana » (le chimpanzé mange une banane) sans penser qu’une semaine plus tard ils seraient inscrits pour faire un concert deux semaines plus tard. Le groupe continuera a enchainer les petits concerts et à recruter de nouveaux membres (Alice Nutter, Lou Watts, Mavix Dillon, Harry Haimer, Dustan Bruce) et perdant aussi Tomi et Midge. Il finira d’ailleurs par se fixer dans un squat dans la ville de Leeds. Il fera ensuite beaucoup de concerts dans des squats
Pour ces débuts, Chumbawamba est clairement dans le mouvement anarcho-punk des années 80 et prenant inspiration dans des groupes comme Crass ou Wire. Inspiré par les mouvements des mineurs et la révolte contre le pouvoir de Margaret Tatcher, les textes de Chumbawamba étaient dès le début très engagé politiquement. Mais la lutte des classes n’était pas le seul sujet du groupe. La lutte pour les animaux était aussi un sujet très important surtout à leur début. Un point ou le groupe se différenciait est qu’il ne se prend pas au sérieux et utilise l’humour et la parodie pour faire passer ses messages. En 1987, ils font une reprise de « Let it be » en se nommant les Scab Aid, une parodie des super groupes caritatifs des années 80 pour dénoncer l’utilisation de ces groupes pour éviter de parler des véritables problématiques politiques. Un an plus tôt, leur premier album nommé « Pictures of starving children sell records” aura aussi ce sujet traiter dans l’album. Et même si les textes sont toujours marqués par le mouvement punk, le style de musique devient plus pop tout en restant très expérimental. Les autres albums continueront cette évolution avec des inspirations par le mouvement de la music techno et des raves qui arrivent durant les années 90 et qui font echo à leurs débuts. Durant cette époque le groupe fait sa place dans la scène indé de Grande Bretagne ce qui permet de travailler à plein temps sur leur projet. C’est d’ailleurs en 1994, que pour la première fois, ils atteignent le top 40 des ventes d’albums en Angleterre avec l’album « Anarchy ».
Un pacte avec le diable

En 1996, Chumbawamba commence la production de l’album Tubthumper. Et alors que l’album est presque terminé, le label One Little Independant Record, label à l’époque du groupe, n’accepte pas l’album, beaucoup trop pop, et demande qu’il soit refait ou alors il ne sera pas publié, concluant qu’ils devraient trouver un autre label. Avec sa place que s’est fait Chumbawamba dans la scène indépendante, plusieurs offres arrivent. Mais une seule leur permet de garder un très grand contrôle artistique sur l’album et leurs performances. Ce label c’est EMI ce qui peut être considéré comme un sacrilège pour un groupe punk. En effet, ce label avait entre autres signé le groupe Sex Pistols avant de les virer trois mois plus tard ce qui a donné la naissance de la chanson « EMI » des Sex Pistols mais aussi une compilation nommée Fuck EMI qui contenait un morceau de … Chumbawamba, oui le monde est petit. Le groupe expliquera plus tard ce choix par leur liberté artistique gardait intact par le contrat qu’ils avaient signer et quand à se faire exploiter, autant se faire exploiter par des personnes qui savent ce qu’ils font. En 1997, l’album sort et le premier single « Tubthumping » rencontre un succès international. Raflant presque la place de numéro 1 du top des ventes en Angleterre et dans d’autres pays, le monde se met à découvrir ce groupe anarchiste avec une chanson inspirée d’un voisin bourré qui chantait dans la rue et qui tombait puis se relevait. Le titre très pop et n’étant qu’une chanson de bar, les médias ne se rendent pas compte à qui ils ont à faire. Du coup, quand le groupe fait la tournée des shows américains, ils portent des chemises avec écrit « One hit wonder » ou « Limited Edition » ou changent les paroles de Tubthumping pour correspondre à leurs luttes. Le succès néanmoins ne sera que de courte durée. Même si le second single « Amnesia » rencontrera un succès correct et que l’album Tubthumper sera une très grande réussite, l’album suivant WYSIWYG (What You See Is What You Get) n’aura pas le même succès. Porter par la chanson « She’s got all the friends that money can buy “ (oui très subtil) l’album ne vendra que 22000 copies aux US par exemple. Entre ça et les différences de points du vues très importantes entre le groupe et le label, Chumbawamba quittera EMI un an plus tard. Le groupe, néanmoins, dira que ça a été une bonne expérience et qu’ils ont pu faire plein de choses qu’ils n’auraient jamais pu faire. Ils auront fait le tour du monde, enchainé les plateaux et présenté leur travail et leurs idées au grand public.
Vers la folk

Après cette expérience, le groupe monte le label Mutt Record pour sortir un nouvel album en 2002 nommer Readymates. Cette album marque le début d’un nouveau changement de style pour Chumbawamba qui va se tourner de plus en plus vers la folk. Ce style marquera la dernière décennie du groupe qui restera surtout dans la scène indépendante. Dernière en effet, car en 2004, Danbert Nobacon (voix et guitare), Alice Nutter (Voix et percussions), Harry Hamer(voix) et Dunstan Bruce (voix et percussion), quitte le groupe après une pause. Le groupe finira avec Jude Abbot (trompette et voix), Neil Fergusson (basse et voix), Lou Watts( Clavier et percussion), Boff Whalley (voix et guitare) et Phil Moody qui rejoins le groupe en 2007 (accordéon et voix). En 2008, le groupe sortira un nouvel album nommé The Boy Bands have won… suivi de 151 mots faisant de ce titre, le titre le plus long au monde. Après un dernier album en 2010 nommé ABCDEFG, le groupe annonce la fin du groupe même si ils continueront de collaborer de temps en temps. En décembre 2012, ils font un dernier concert à Leeds où des anciens membres et des anciens collaborateurs apparaissent pour conclure l’histoire du groupe avec le dernier DVD live nommé Going Going.
A jamais unique
Que ce soit de la composition du groupe, de leur style de musique évoluant au cours du temps, de leur bref apparition au soleil, de leurs textes toujours imbibés de message politique, Chumbawamba c’est le groupe qui ne rentre dans aucune catégorie. C’est un groupe unique avec un parcours tout aussi intéressant que leur musique. Pour moi c’est un groupe sur lequel je ne pourrais jamais complètement accrocher. Même si j’adore leur phase chez EMI et l’album Anarchy, la période Folk m’a moins touché. Mais leur envie de faire juste ce qu’ils veulent sans aucun compromis fait tellement plaisir à entendre surtout aujourd’hui ou tout est calibré. Ecouter Chumbawamba c’est revenir à une époque pas si éloignée ou il fallait prendre une guitare pour faire de la musique sans même savoir si vous saviez en jouer ou non.