Lorsqu’on parle de journalistes sportifs il est rare de leur associer une image artistique. Nos oreilles résonnent plutôt de remarques dignes d’un PMU où la réflexion ne semble guère poussée. Pourtant, avec Youtube, des créateurs ont réussi à se démarquer en réalisant des contenus différents dans la présentation et dans le format. Aujourd’hui, je vais vous en présenter deux : Jon Bois et The ball never lie.
Une identité marquée
Jon Bois est le directeur créatif du site Sb Nation, parlant de sport de façon assez classique mais avec une équipe pleine de journalistes de talents. Même si l’humour est souvent présent sur la chaîne Youtube, les émissions restent assez classiques, à l’exception de ceux de Jon Bois. Il s’est fait connaître avec deux formats : Pretty Good et Chart Party. Ces deux concepts servent à raconter des histoires ou des moments du monde du sport (mais pas seulement), avec comme particularité pour Chart Party de plus se pencher sur les statistiques.

Le premier élément facilement remarquable dans son travail est son style, que ce soit dans l’esthétique ou dans l’écriture. Le visuel rappelle beaucoup les vieilles cartes 3D de google map que Jon aime utiliser pendant ces vidéos. Cela donne un aspect très onirique à sa narration. C’est aussi soutenu par un univers sonore particulier imprégnant ses vidéos. Entre des musiques sorties de nulle part et un ton de voix presque las, on discerne clairement ce qui le distingue des autres experts sportifs. Il apporte du lyrisme aux événements qu’il nous conte, que ce soit un match de basketball particulièrement offensif ou un marathon de début du siècle dernier. Grâce à ses graphiques il devient simple de comprendre les subtilités des performances présentées, même sans connaissance dans le domaine du sport. Que l’on soit passionné ou non de sport, que l’on soit adepte de la discipline exposée ou complet néophyte, on ne peut qu’être embarqué par les histoires qui sont décrites. D’ailleurs, en parlant de ça…
De l’inconnue à l’iconique

En regardant les vidéos de Jon Bois, on est frappé de voir comment il alterne entre des événements n’ayant laissés que peu de traces dans l’Histoire du sport, et des légendes de la culture sportive américaine (l’homme étant lui-même du pays de l’oncle Sam). Le chroniqueur s’attache pourtant à traiter avec la même importance toutes les histoires qu’il raconte, qu’elles soit oubliées de tous ou inscrites en lettre d’or dans la mémoire collective. Pour exemple, un épisode en deux parties est dédié aux Bob du monde du sport, qu’ils soient célèbres ou non. Il dépeint tous ces personnages avec la même passion, les replaçant tels des touches de couleurs sur la toile que forme l’Histoire du sport américain. Plus que son nombre de vue, on retiendra de lui son côté improbable et passionné.
Le ballon ne ment pas

Passons maintenant à une autre chaîne parlant de sport, et plus spécifiquement de basket-ball. Proposée par Alex et Léonce de TrashTalk (on reparlera d’eux), cette chaîne propose des rétrospectives de joueurs qui ont marqué la balle orange de leurs mains de maître. Du monstre des parquets à l’étoile filante, tous les profils sont abordés. Bien que les premières vidéos sont souvent des présentations des qualités sportives des différents joueurs, elles évoluent rapidement pour décrire plus en profondeur leurs carrières. La chaîne met ainsi en lumière le côté théâtrale du sport. En racontant toutes ces histoires avec leurs aspects dramatiques et/ou héroïques, The ball never lies décrit la légende de la NBA. Une légende qui s’inspirerait presque des mythes antiques avec ses héros et leurs némésis. Des héros comme Michael Jordan, avec sa carrière parfaite que ce soit sportivement ou même scénaristiquement. Ou encore des méchants comme Bill Laimbeer, le chef de guerre des Bad Boys de Detroit, qui avait, certes, des talents de basketteur mais aussi de boucher. Des histoires tellement différentes mais toutes aussi captivantes que vous soyez fan ou non. Afin de narrer ces histoires, vous aurez le droit à la voix calme d’Alex accompagnée d’une playlist de musique de qualité. Ces histoires transformerons les plus réticents en fan de la balle orange.
Le coeur du sport
Finalement, que ce soit pour Jon Bois ou The ball never lie, les deux chaînes nous offrent un contenu incroyable, bien loin des top montés en 5 minutes et des réactions rapides. Surtout ils nous rappellent pourquoi beaucoup de personnes tombent amoureuses du sport. Même si les performances physiques peuvent toujours nous impressionner, ce sont surtout les histoires, ces nouvelles légendes, qui nous émerveillent. Une mythologie remplie de chiffres, de super humains, de règles absurdes où, finalement, Michael Jordan gagne.